Industrie 4.0 et l’usine du futur dans les PME

Julien April 2017

Si le sujet de l’industrie du futur, encore appelée industrie 4.0, est encore peu mature en France et que l’on croit souvent plus ou moins consciemment qu’il est l’apanage des grands groupes, les PMI peuvent, elles aussi, en bénéficier.

L’industrie 4.0 et les PME industrielles

Le concept d’industrie 4.0 correspond non pas à une déclinaison du Web 3.0 ou 4.0 ou de tout autre concept informatique, comme d’aucuns pourraient le croire, mais tout simplement à une quatrième révolution industrielle : après celle qui a suivi l’émergence de la machine à vapeur et de la mécanisation au XIXème siècle, puis celle de l’électricité à la fin du même siècle et enfin l’automatisation effrénée du XXe siècle, nous voici, avec la transformation numérique en cours dans tous les secteurs, à l’aube d’une quatrième révolution industrielle, portée par le concept d’usine dite « intelligente ».

Caractérisée par une nouvelle façon d’organiser les moyens de production, l’industrie 4.0 a malgré tout un lien avec l’outil informatique, au travers d’une interconnexion forte entre robots, machines de production et système d’information (ex : ERP) dans le but de gagner en agilité en allouant les ressources de façon plus efficace et plus souple grâce à l’exploitation de nouvelles technologies comme l’Internet des objets (IoT), le machine learning, l’intelligence artificielle ou le Big Data.

 

En outre, cette interconnexion dépasse généralement le cadre du site de production isolé pour concerner l’entreprise dans son intégralité (c’est-à-dire tous ses sites) mais aussi ses partenaires (clients, fournisseurs et même collaborateurs).

Ce sont précisément ces technologies qui effraient un peu les PMI, organisations réputées aux moyens limités, et les freinent dans la démarche. Effectivement, tout le monde ne s’appelle pas Bosch, qui compte actuellement plus de 100 pilotes en cours dans ses 276 usines à travers le monde, ou Intel, qui s’approche de l’infiniment petit pour sa production dans ses usines ultra-aseptisées.

Mais elles ne devraient pas être effrayées outre mesure : la réorganisation de la production est à la portée de toute PMI.

Une PMI sait aussi installer des capteurs sur ses équipements pour en retirer de l’information à analyser par la suite pour optimiser sa production et anticiper les pannes. RFID, analyses en temps réel, cloud sont autant de technologies à la portée de toute PMI et dont la mise en œuvre ouvre les portes de l’usine intelligente.

 

L’industrie ou l’usine du futur, une réalité pour 30% des industriels

Dans une récente étude menée par CXP Group sur la perception qu’ont les entreprises de l’industrie du futur, 38 % des répondants ont déclaré être d’ores et déjà dans l’action. Les autres répondants n’ont encore rien entamé (30 %) ou sont en cours d’élaboration de la stratégie (32 %).

Cette étude a porté sur 160 entreprises industrielles de plus de 500 personnes, donc pas exactement des petites PMI, mais elle révèle l’écart qui se creuse entre les entreprises ayant entamé une démarche (souvent par opportunisme, d’ailleurs) et celles qui ne l’ont pas encore fait.

 

Quels sont les objectifs finaux de la démarche ?

Pour 80 % des répondants à la même enquête de CXP Group, le développement de nouveaux services pour les clients est le 1er objectif. C’est à cela surtout que sert l’analyse et le traitement des données de production collectées. C’est aussi un objectif important pour les entreprises ayant une production discrète et de grandes séries.

Il est donc temps de se lancer, au moins à définir une stratégie en la matière, afin d’être prêt le moment venu, si tant est qu’il n’est pas encore venu. Mais la question du bon moment se pose, au vu des actions en cours.

Et oh, j’oubliais : l’un des objectifs principaux de l’industrie 4.0, c’est aussi de replacer l’Homme au centre du dispositif, c’est-à-dire de faire en sorte que le collaborateur se sente bien, soit valorisé et se consacre à des tâches à valeur ajoutée, laissant aux machines et aux robots les tâches fastidieuses et répétitives, toutes choses dont le résultat final ne sera qu’une productivité, une profitabilité et une compétitivité accrues, dans des sites de production pérennes devenus des lieux de vie.

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